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Le tourisme associatif à vocation sociale, une priorité pour Rhône-Alpes

Le tourisme associatif à vocation sociale, une priorité pour Rhône-Alpes

Les 15 et 16 mai, les secondes assises du TAVS (Tourisme associatif à vocation sociale) et le premier workshop Rhône-Alpes consacré aux Centres et villages de vacances se sont tenus à Vogüé en Ardèche. L'occasion de donner un coup de projecteur sur un secteur à la recherche d'un second souffle puisqu'il a perdu 2 millions de nuitées en dix ans.

Le TAVS, c'est le nouveau diminutif du Tourisme associatif à vocation sociale, un secteur cher aux salariés puisque ses origines remontent au Front populaire et aux premiers congés payés. Rhône-Alpes est l'une de ses places fortes avec un millier d'établissements totalisant 100 000 lits, soit 15% de l'offre française. Sur ce total, 500 adhèrent à l'UNAT Rhône-Alpes (Union nationale des associations de tourisme), ces structures représentant 10% de l'emploi touristique. C'est dire le poids de ce secteur qui fait 5 millions de nuitées sur un total de 149,6 en Rhône-Alpes, soit 3,5% du total. Un secteur en perte de vitesse puisqu'il en a perdu 2 millions en dix ans !

 

C'est dire qu'il y a urgence à trouver des solutions pour redorer son blason et la Région en a fait l'un des axes prioritaires de son Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs adopté mi-avril. Le TAVS était également à l'honneur des secondes assises qui lui ont été consacrées les 15 et 16 mai à Vogüé, celles-ci étant associées au premier workshop Rhône-Alpes des Centres et villages de vacances.

 Les Assises ont permis de commencer à mobiliser les acteurs du TAVS autour des priorités fixées dans le cadre de la convention signée à cette occasion entre l'UNAT et la Région, convention dont l'objet est de permettre à ce secteur d'activité de relever les défis structurels sérieux auxquels il se trouve confronté.
Des ateliers thématiques ont abordé les sujets essentiels comme le travail en réseau, la gestion humaine et financière, les démarches qualité, la communication, la promotion et la commercialisation des offres.

 

Des rendez-vous marqués par les présences d'Hervé Saulignac, président de Rhône-Alpes Tourisme, Jean-Marc Leculier, vice-président de Rhône-Alpes Tourisme, Geneviève Laurent, maire de Vogüé, Frédéric Prelle, président de l'UNAT Rhône-Alpes, Marcel Viard, vice-président de cette structure, et Lucien Proriol, représentant Bruno Lacroix, président du Conseil économique et social Rhône-Alpes et Marc Béchet, directeur général de Rhône-Alpes Tourisme. Le temps fort de ces deux journées fut la signature d'une convention liant la Région à l'UNAT pour une période de trois ans.

 

Comme le précise Jean-Marc Leculier, l'objectif est « de parfaitement identifier les établissements du secteur, de participer à la connaissance de ses acteurs et de favoriser leur professionnalisation. La Région souhaite accompagner le développement économique du TAVS afin de favoriser l'accès du plus grand nombre aux vacances. Et elle pourrait apporter une aide à la pierre ».
De son côté, Hervé Saulignac rappelle que « les vacances ce n'est pas nécessairement le tourisme mais une rupture par rapport au travail. Les enjeux du TAVS, qui n'est pas un tourisme au rabais, ne peuvent pas reposer sur les seules épaules de la région, l'État et les départements devant également s'impliquer ».


 

La chute de fréquentation enregistrée par le TAVS ces dernières années est due à l'absence de renouvellement des générations, à la diminution du nombre des classes de découverte en montagne, à la baisse du nombre des départs en vacances des Français - on est passé de 64% en 2004 à 59,5% en 2007 -, au fait que 5% seulement du budget des 38 000 comités d'entreprise va au tourisme social, mais aussi à un vieillissement des établissements souligné par Marcel Viard. « Le taux de remplissage des 500 établissements membres de l'UNAT Rhône-Alpes est de 95% l'hiver mais seulement de 35% l'été. Pour remettre à niveau ces établissements, nous devrions investir 2 millions d'euros pour chacun d'entre eux au cours des dix prochaines années, soit 1 milliard d'euros ! » La facture sera donc élevée et on peut imaginer qu'un certain nombre de structures d'accueil, notamment parmi celles qui n'adhèrent pas à l'UNAT, sont appelées à disparaître. Mais cette obsolescence n'est pas le seul mal dont souffrent le TAVS, Marc Béchet mettant le doigt sur le fait que leurs gestionnaires ne sont pas des communicants : « Nous allons donc les aider à commercialiser leurs établissements ».