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Henry-Jacques Le Même éponyme du chalet du skieur

Henry-Jacques Le Même éponyme du chalet du skieur

Lors des Journées Européennes du Patrimoine, Megève rendait hommage à Henry Jacques Le Même, créateur du chalet du skieur. Visites, films, conférences ont mis en lumière son travail. L'occasion pour la Direction Régionale des Affaires Culturelles de remettre une plaque XXè au chalet du Grisly et pour le CAUE de lancer plaquettes et DVD.

OT de megève

Né à Nantes la fin du XIXème siècle, le 17 octobre 1897, Henry Jacques Le Même est arrivé à Megève au début des années 20. A l'âge de 98 ans, il avait accepté d'évoquer quelques grands moments d'une existence passionnante éminemment liée à la naissance de la station avec la construction du chalet de la Baronne Noémie de Rothschild.
Megève était alors un petit village agricole. « J'ai eu les pires difficultés pour construire. J'avais besoin d'entreprises de tous corps d'états que j'ai dû faire venir de Chambéry. Au bout de quelques mois, je suis parvenu à mes fins et la Baronne est entrée dans sa résidence en juillet 1927. Très vite j'ai été assailli de commandes ».

Disciple de Le Corbusier et ancien élève de Ruhlmann, il se refusait à faire des chalets tels qu'on les pensait à l'époque : « quand on parlait de chalet, on pensait à la Suisse, au Tyrol. Je n'ai jamais voulu faire du faux vieux, c'est-à-dire ce que tout le monde fait maintenant. Je trouve cela attristant, rétrograde, parce que on ne vit pas en imitant le siècle précédent. Je n'ai pas réalisé un type parfait de chalet, mais dix, tous différents. J'ai toujours cherché la perfection, voulu faire œuvre nouvelle, jeune, ouverte au soleil. »

 

Sa demeure, inscrite à l'inventaire du patrimoine des monuments historique, a donné naissance à nombre d'ouvrages, de reportages, voire récemment de DVD. Bien que tous ses projets n'aient pas aboutis on n'en dénombre pas moins de 1012, dont celui de Marcel Dassault édifié en 1981. Décoré Chevalier des Sciences des Arts et des Lettres en octobre 1995, il déclarait : « Je crois pouvoir avouer en toute honnêteté que je le mérite bien. Depuis quatre ans on ne cesse de m'encenser, de me redécouvrir et on admire ce que j'ai réalisé il y a soixante dix ans. C'est fantastique.
J'ai fait un travail consciencieux et constamment varié, honnête et sérieux. J'ai répondu aux programmes qui m'étaient donnés, souvent par des gens snobs, gâtés et auxquels j'ai tout de suite plu. Je n'ai cependant pas été que l'architecte des milliardaires. J'ai aussi bâti des choses très modestes avec toujours la même attention. J'ai sans cesse lutté contre la réputation de l'architecte qui facture à son client trois fois le prix. »

Johana Trossat

Arnaud Dutheil Directeur du CAUE Haute Savoie : rencontre

A.B : Que retenez vous du travail d'Henry Jacques Le Même ?

A.D : Sa démarche globale ! Dès son arrivée dans les Alpes il s'est posée une question, toujours d'actualité : Comment construire en montagne aujourd'hui ? Cela induit une architecture qui doit répondre aux amplitudes climatiques, à la pente, aux accès, à l'usage. Dans les années 20, pour construire le chalet de la Baronne Noémie de Rothschild, il a analysé l'architecture traditionnelle et en a tiré des leçons en phase avec les techniques de son époque. Il a su adapter ses programmes au contexte.

A.B : Lors des journées Européennes du patrimoine, Le Même a été célébré. Quelles furent vos impressions ?

A.D : C'est la première fois que l'on ressentait une telle unanimité devant le travail de cet homme. D'ailleurs un parallèle a été fait avec l'architecture de Vor Alberg en Autriche. Ce qui montre bien que construire en montagne aujourd'hui demeure d'actualité.

A. B : Avez-vous d'autres projets ?

A. D : Nous ne connaissons Henry Jacques Le Même qu'à travers ses chalets. Cependant, il a apporté beaucoup à la modernité avec une expression architecturale plus contemporaine. Actuellement, nous explorons plus à fond l'étendue de sa démarche. Cela devrait déboucher thèse portant sur l'ensemble de son œuvre et sur une grande exposition qui se déploiera en 2011.

J.T